Bilan d'Alix Didier Fils-Aimé à l'ONU : Entre diplomatie de salon et la cruelle réalité d’un peuple haïtien qui crève de faim ​


 Le théâtre de la diplomatie face au chaos national

​De retour de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a sacrifié au traditionnel exercice du point de presse au Salon diplomatique de l'aéroport Toussaint Louverture. Face à un parterre de ministres et de hauts fonctionnaires, le chef du gouvernement a dressé un bilan lissé de sa participation, égrenant les rencontres bilatérales et les promesses de partenariat. Mais derrière le décorum et le langage policé de la diplomatie, une question brutale, presque obscène, s'impose : de quoi ce gouvernement peut-il réellement se sentir fier alors que le pays qu'il dirige s'effondre chaque jour un peu plus ?


​Le vide institutionnel et la fierté déplacée

​Comment un dirigeant haïtien peut-il afficher la moindre fierté quand les institutions républicaines sont réduites à des coquilles vides, quand l'État a perdu le contrôle de la majeure partie de son territoire au profit des gangs, et quand la souveraineté nationale n'est plus qu'un lointain souvenir ? Se féliciter d'avoir plaidé pour le renouvellement du mandat de la Force de répression des gangs (FRG) ou d'avoir discuté de renforcement des capacités avec le Rwanda, c'est masquer une réalité terrible : l'aveu d'impuissance total d'un État incapable de protéger ses propres citoyens. La fierté ne devrait pas se mesurer au nombre de poignées de main à New York, mais à la capacité de restaurer l'ordre et la dignité sur le sol national.

​Inhumanité : Le champagne de la transition face à la faim du peuple

​Le décalage est insupportable, confinant à l'inhumanité. Pendant que le Premier ministre évoque des discussions avec le Qatar pour des investissements ou avec l'Allemagne pour l'énergie verte, une immense majorité du peuple haïtien lutte pour sa survie la plus élémentaire. Comment peut-on, en tant que dirigeant, se regarder dans un miroir, sachant que pendant que l'on trinque peut-être au champagne dans des réceptions diplomatiques, des mères ne peuvent même pas offrir un morceau de pain à leurs enfants ? Ce contraste violent entre l'élite politique en transition et la misère noire du peuple n'est pas seulement un échec de gouvernance, c'est une faillite morale.

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L'ordre constitutionnel, une promesse de salon

​La réaffirmation de l'engagement à accompagner le Conseil électoral provisoire (CEP) pour un retour à l'ordre constitutionnel sonne creux. C'est une promesse de salon diplomatique, déconnectée de la réalité d'un pays où voter est devenu un acte de bravoure, voire un suicide. Le Premier ministre Fils-Aimé a rappelé que "pwomès se dèt", appelant la communauté internationale à respecter ses engagements. Mais le premier engagement d'un dirigeant est envers son peuple. Tant que la fierté diplomatique l'emportera sur la honte de la faillite nationale, la transition restera une parenthèse dorée pour quelques-uns, et un enfer continu pour le reste de la nation.

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