Bras de fer commercial : Haïti rejette les puertos secos dominicains et interdit le transit des marchandises de pays tiers par la frontière terrestre ​

 


Une nouvelle décision restrictive du gouvernement haïtien

Le Ministère de l'Économie et des Finances (MEF) d'Haïti a franchi une étape importante dans la régulation du commerce transfrontalier en refusant formellement de reconnaître l'établissement de « puertos secos » (ports secs), des mécanismes de transbordement et des esquemas de transit mis en place sur le territoire dominicain pour les marchandises destinées au marché haïtien. Désormais, toutes les marchandises en provenance de pays tiers transitant par la République Dominicaine ne pourront plus franchir la frontière terrestre haïtienne.

Cette décision prise par Port-au-Prince s'oppose directement aux initiatives récentes de Santo Domingo, qui prévoyaient d'aménager des puertos secos dans des zones stratégiques comme Dajabón, Elías Piña, Jimaní (Independencia) et Pedernales afin d'organiser la logistique transfrontalière.

Exceptions et garantie pour les produits fabriqués en République Dominicaine

Les autorités aduanères et les associations d'industriels dominicaines (notamment l'AIRD) ont clarifié la portée de cette restriction : la mesure haïtienne ne vise pas la production locale dominicaine. Les biens fabriqués légalement sur le sol dominicain pourront continuer à entrer sur le territoire haïtien par les points de passage frontaliers officiels.


L'interdiction cible spécifiquement les conteneurs et fret maritimes en provenance d'autres continents (Asie, Europe, Amérique du Nord) qui débarquaient jusqu'ici dans les ports dominicains (comme Caucedo ou Haina) pour être réexpédiés par voie routière vers Haïti.

Rivalités logistiques et enjeux de souveraineté douanière

La dérivation du fret maritime par la République Dominicaine s'était intensifiée au cours des derniers mois en raison de la situation sécuritaire dégradée aux abords du port international de Port-au-Prince, poussant plusieurs lignes maritimes à privilégier la voie terrestre dominicaine.

Cependant, du point de vue de l'État haïtien, cette pratique entraînait une baisse importante des recettes douanières nationales et affaiblissait le contrôle souverain des flux commerciaux. En exigeant que les marchandises destinées à son marché arrivent directement par ses propres installations portuaires ou maritimes, Haïti entend restaurer la perception de ses droits de douane et réaffirmer sa souveraineté commerciale.

Du côté dominicain, la Direction Générale des Douanes (DGA) a fait savoir qu'elle respectera cette décision souveraine d'Haïti, tout en rappelant que le transit des conteneurs tiers n'engendrait pas de recettes fiscales directes pour le Trésor dominicain.

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