Circulaire du MEF et pressions de Santo Domingo : Entre souveraineté douanière et guerre des rumeurs
Le choc économique de la circulaire du 30 septembre
En signant la circulaire conjointe du 30 septembre 2026, le ministre haïtien de l'Économie et des Finances, Serge-Gabriel Collin, a porté un coup d'arrêt direct à la stratégie des « ports secs » (puertos secos) promue par le décret dominicain 166-26. En interdisant l'entrée sur le territoire haïtien des marchandises internationales (USA, Chine, Panama, Europe) ayant transité par la République Dominicaine, Port-au-Prince a réaffirmé son autorité douanière et fiscale.
Cette mesure vise à forcer les armateurs à débarquer directement dans les ports maritimes haïtiens, garantissant la perception intégrale des taxes à l'importation par l'Administration Générale des Douanes (AGD).
Guerre de l'information : La fausse rumeur de l'« annulation des pouvoirs » du ministre
Face à la perte financière considérable que représente cette décision pour les opérateurs logistiques dominicains, une campagne de désinformation s'est propagée sur certains réseaux et médias régionaux. Selon ces rumeurs, les autorités dominicaines auraient « annulé » ou « demandé la révocation » des pouvoirs du ministre Serge-Gabriel Collin.
Sur le plan du droit international et de la souveraineté républicaine, cette affirmation est une aberration juridique. Aucun gouvernement étranger ne possède l'autorité ni le droit d'annuler les prérogatives d'un ministre en fonction en Haïti. Si le secteur privé dominicain exerce une forte pression de lobbying sur le gouvernement de Santo Domingo pour tenter de faire fléchir Port-au-Prince, la décision de maintenir ou non un ministre relève exclusivement de l'exécutif haïtien.
Quelles conséquences pour les commerçants et les consommateurs haïtiens ?
L'impact de cette mesure suscite des débats légitimes parmi les acteurs économiques nationaux :
Sur les prix et l'inflation à court terme : La réorientation des flux maritimes vers les ports haïtiens peut entraîner des retards logistiques et une hausse temporaire des prix pour le consommateur, en raison des coûts de transport ajustés et des risques sécuritaires qui pèsent encore sur certains axes routiers.
Sur les commerçants et importateurs : Les acteurs du secteur informel qui s'approvisionnaient via le transit dominicain doivent restructurer leurs chaînes d'approvisionnement pour passer par les circuits maritimes officiels haïtiens.
Sur les finances publiques de l'État : À moyen terme, le recouvrement direct des droits de douane par l'AGD permet de renflouer les caisses de l'État haïtien, réduisant le manque à gagner fiscal causé par la contrebande transfrontalière.
La fermeté affichée par le Ministère de l'Économie et des Finances démontre que la défense de la souveraineté économique exige de résister tant aux pressions extérieures qu'aux campagnes de manipulation médiatique.


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