Commémoration du 17 Octobre : Entre discours officiels et humiliation du peuple, le serment de Dessalines trahi ?
Le rendez-vous annuel avec la mémoire nationale
Ce samedi 17 octobre 2026 marque le 218e anniversaire de l'assassinat du Père de la Nation, le Général en chef Jean-Jacques Dessalines, tombé au Pont-Rouge en 1806. Comme à l'accoutumée, les cérémonies officielles se sont multipliées : dépôt de gerbes de fleurs par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, appels réitérés au « dialogue national » et à la réconciliation, messages de circonstance émanant des ambassades étrangères — notamment l'Ambassade des États-Unis — et cérémonies commémoratives au sein de la diaspora.
Mais au-delà de la pompe institutionnelle et des slogans rituels réaffirmant que « L'union fait la force », un constat amer s'impose à la conscience de chaque Haïtien : le gouffre entre le sacrifice fondateur de 1804 et la réalité vécue par la nation n'a jamais été aussi profond.
« Vivre libre ou mourir » : Le cri d'un héros face aux chaînes modernes
L'Empereur Jean-Jacques Dessalines a légué à l'humanité une doctrine d'intransigeance face à l'oppression : briser l'esclavage, refuser la tutelle étrangère et bâtir une patrie souveraine où la dignité humaine est inaliénable.
Aujourd'hui, alors que les dirigeants répètent ses paroles historiques, le peuple haïtien subit une forme d'enchaînement contemporain :
La perte de souveraineté territoriale : Des pans entiers de la capitale et des provinces restent sous l'emprise de coalitions criminelles armées par le marché noir international.
L'ingérence et le mépris diplomatique : Les ambassadeurs et consuls étrangers dictent trop souvent le rythme de la vie politique nationale, agissant en terrain conquis face à des élites incapables d'imposer le respect de l'État.
L'humiliation quotidienne des migrants en République Dominicaine : À nos frontières et sur le sol voisin, les ressortissants haïtiens subissent des traitements dégradants, des chasses à l'homme et des déportations massives dans le mépris le plus absolu de leurs droits fondamentaux.
Commémorer Dessalines : Un geste de façade ou une exigence de sursaut ?
Comment honorer la mémoire d'un homme qui a défié les plus grandes armées du monde pour nous donner la liberté, quand notre peuple est devenu l'un des plus humiliés et méprisés de la région ?
La vraie réconciliation nationale ne viendra pas de discours hypocrites prononcés lors de commémorations officielles. Elle naîtra le jour où les dirigeants haïtiens cesseront de courber l'échine devant les chancelleries étrangères, le jour où l'État réarmera véritablement ses Forces Armées (FAd'H) et sa Police (PNH) pour libérer le territoire, et le jour où la dignité de chaque Haïtien — qu'il soit à Port-au-Prince, à Ouanaminthe ou à Santo Domingo — sera défendue avec la même fermeté que celle du Fondateur en 1804.
Tant que ce sursaut de dignité et de souveraineté n'aura pas lieu, le 17 octobre restera une blessure ouverte plutôt qu'un jour de célébration.



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