Élections, transition sans fin et fuite du futur : Le diagnostic brutal du fossé entre Haïti et la République Dominicaine

 


Le piège de la transition permanente

​Alors que la population haïtienne attend des réponses concrètes sur l'organisation des prochaines élections générales et la restauration de l'ordre constitutionnel, le gouvernement de transition mené par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé continue d'évoluer dans une impasse structurelle. En dépit des promesses répétées relatives à la formation d'un Conseil Électoral Provisoire (CEP) crédible et à la révision de la Constitution, le processus reste lourdement handicapé par l'insécurité systémique et la perte de contrôle territorial.

​La question centrale posée par la société civile et la jeunesse demeure : Haïti est-elle condamnée à vivre dans un régime de transition permanente, privé de légitimité démocratique et de vision d'avenir ?

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Le contraste saisissant avec la République Dominicaine

​Pendant que l'appareil d'État haïtien peine à garantir le fonctionnement de ses tribunaux ou la réouverture normale des écoles dans les zones contrôlées par les groupes armés, la République Dominicaine voisine affiche une stratégie de développement diamétralement opposée. Sous la présidence de Luis Abinader, Saint-Domingue accélère ses investissements dans les nouvelles technologies, la numérisation des services publics, l'intelligence artificielle et l'éducation technique pour sa jeunesse.

​Ce décalage crée un gouffre stratégique au sein de la même île :

  • ​En République Dominicaine : Des centaines de millions de dollars sont injectés dans les infrastructures, la sécurité des frontières et le soutien à l'entrepreneuriat des jeunes pour intégrer le marché mondial.
  • ​En Haïti : L'absence d'opportunités économiques, le naufrage du système éducatif et le vide institutionnel réduisent une grande partie de la jeunesse à la précarité, à la culture de l'immédiat et du divertissement de rue comme exutoire, ou à l'exil forcé.


​La faillite des institutions et l'abandon de la jeunesse

​La faillite actuelle n'est pas seulement sécuritaire ; elle est morale et sociétale. L'incapacité de l'État à offrir une alternative éducative et professionnelle solide transforme la jeunesse haïtienne — pourtant première richesse de la nation — en une génération sacrifiée. Les rares institutions encore debout fonctionnent au ralenti, dépendantes des annonces gouvernementales sans lendemain et des agendas des missions internationales.

​Les déclarations d'intention du Premier ministre sur l'organisation d'élections à venir restent théoriques tant que l'État haïtien ne reprendra pas la pleine maîtrise de ses forces de défense (FAd'H) et de sécurité (PNH) pour libérer les axes routiers et rétablir le climat de confiance indispensable à un scrutin populaire.


​Reconstruire l'avenir : Le sursaut de souveraineté indispensable

​Pour sortir du piège de la transition permanente et bâtir un futur viable pour les jeunes d'Haïti, le pays ne peut plus se contenter de gérer le chaos au quotidien. Le gouvernement doit :

  1. ​Prioriser la sécurité souveraine : Équiper massivement les FAd'H et la PNH pour démanteler les réseaux criminels sans dépendre indéfiniment des mandats étrangers.
  2. ​Établir un calendrier électoral ferme : Garantir un retour à l'ordre constitutionnel transparent, sans manœuvres de prolongation de pouvoir.
  3. ​Investir dans la jeunesse et la technologie : Rediriger les ressources publiques vers la réouverture des écoles, la formation professionnelle technique et les technologies de l'information pour offrir aux jeunes haïtiens des armes économiques comparables à celles de leurs voisins régionaux.

​Sans cette rupture politique radicale, Haïti continuera de regarder passer le train du développement mondial, pendant que ses voisins consolident leur souveraineté et leur prospérité.

Comments

  1. Il n'y aura pas élection pour cette année vraiment c'est une manœuvre de prolongation du pouvoir

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