Rapport de l'ONU : Plus de 900 000 munitions de la Police et de l'Armée dominicaines détournées au profit du gang 400 Mawozo

 



Une ampleur inédite dans la chaîne de trafic transfrontalier

L'enquête menée par le Groupe d'experts des Nations Unies révèle des chiffres d'une gravité exceptionnelle quant à l'approvisionnement logistique des groupes criminels en Haïti. Selon les données consignées dans les récents travaux du panel international, le gang des 400 Mawozo a pu bénéficier du détournement de plus de 900 000 cartouches provenant directement des arsenaux de la Police Nationale et des forces de sécurité de la République Dominicaine.

L'inventaire détaillé par les experts de l'ONU précise la répartition exacte de ce matériel de guerre volé et écoulé sur le marché noir :

Plus de 489 000 cartouches de calibre 9 mm.

230 000 cartouches de calibre 5,56 x 45 mm (utilisées pour les fusils d'assaut de type AR-15 / M16).

93 000 cartouches pour fusils de chasse (calibre 12).

26 000 cartouches de calibre 7,62 x 39 mm (utilisées pour les fusils de type AK-47).


La responsabilité de réseaux de corruption internes

L'expertise internationale pointe directement la complicité d'éléments corrompus au sein des corps de sécurité dominicains, qui ont orchestré la sortie de ces stocks réglementaires vers les zones frontalières pour être vendus aux intermédiaires du gang haïtien. Les spécialistes en sécurité consultés par le Groupe d'experts soulignent que le marché civil dominicain pour des calibres militaires comme le 5,56 mm ou le 7,62 mm étant extrêmement restreint, la quasi-totalité de ces volumes extraits illégalement était destinée à alimenter le marché haïtien.

Cette filière criminelle a déjà fait l'objet de procédures judiciaires à Santo Domingo, menant à la condamnation de figures impliquées et à la fermeture définitive d'entreprises de matériel tactique (telles que Tactical Accessories RH, S.R.L.) utilisées comme couvertures pour ce trafic.


La coexistence de munitions d'époque et de stocks modernes

Cette révélation sur les 900 000 munitions contemporaines s'ajoute aux saisies effectuées en début d'année 2026, où des cartouches de calibre .50 fabriquées dans les années 1950 et 1960 par l'ancienne armurerie militaire de San Cristóbal avaient été identifiées.

L'ensemble de ces données démontre que le gang des 400 Mawozo s'appuie sur une double stratégie d'approvisionnement : le recyclage de stocks historiques d'un côté et, de l'autre, un trafic massif et structuré de cartouches modernes détournées des dépôts officiels des forces de l'ordre dominicaines.

Face à ces révélations chiffrées de l'ONU, la nécessité d'un audit indépendant des arsenaux régionaux et d'un contrôle strict de la frontière terrestre s'impose plus que jamais pour couper les canaux de financement de la terreur en Haïti.

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