Rapport ONU S/2026/714 : Des munitions .50 de fabrication dominicaine identifiées chez les 400 Mawozo soulèvent des questions sur la traçabilité frontalière
Une révélation troublante au cœur du réseau d'armement des gangs
Le récent rapport du Groupe d'experts des Nations Unies sur Haïti (document S/2026/714) apporte des précisions sur l'origine et la diversification du matériel militaire utilisé par les groupes armés opérant dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Parmi les pièces analysées figure un lot de munitions de calibre .50 — un calibre à haute puissance perforante — exhibé par Wilson Joseph, alias « Lanmò San Jou », chef du gang des 400 Mawozo implanté à la Croix-des-Bouquets.
L'expertise balistique menée sur un échantillon de 32 cartouches saisies ou documentées montre qu'au moins 15 d'entre elles portent les estampilles de la manufacture de San Cristóbal, située en République Dominicaine. Les marquages révèlent pour certaines une date de fabrication remontant à 1958, en pleine période du régime de Rafael Leónidas Trujillo.
Les précisions des autorités dominicaines et les limites de l'enquête
Interrogé par le Groupe d'experts de l'ONU, le gouvernement dominicain a formellement reconnu la provenance historique de ces munitions, confirmant leur fabrication au sein des anciennes installations industrielles militaires de San Cristóbal. Toutefois, les autorités de Santo Domingo ont apporté les précisions suivantes :
Absence de vol récent documenté : Les inventaires actuels des forces armées dominicaines (FARD) ne montrent aucune trace de détournement ou de vol dans les stocks militaires contemporains.
Matériel d'époque : Ces munitions de plus de six décennies appartiennent à des stocks anciens dont la traçabilité a été interrompue au fil des réorganisations militaires et des flux de contrebande régionaux.
Pour sa part, le rapport des Nations Unies souligne que les enquêteurs ne disposent pas d'éléments probants permettant de reconstituer la chaîne de possession exacte ni de déterminer la période précise à laquelle ces cartouches ont franchi la frontière pour alimenter l'arsenal des 400 Mawozo.
Un réseau d'approvisionnement hybride et transfrontalier
Si l'essentiel de l'armement lourd circulant en Haïti provient des circuits de trafic maritime en provenance des États-Unis (notamment de Floride), l'identification de matériel ancien d'origine dominicaine démontre la porosité des liaisons terrestres. En contrôlant les axes stratégiques menant vers la frontière orientale, comme le point de passage de Malpasse, le gang des 400 Mawozo tire profit du trafic transfrontalier pour renforcer ses capacités opérationnelles face aux forces de l'ordre.
Cette situation met en évidence la nécessité pour les deux États d'installer des mécanismes rigoureux de contrôle balistique, de renforcement de la traçabilité des armements et de surveillance conjointe des points de transit informels le long de la frontière.



Tout peyi sa yo contribuye nan dezenstabilite Haïti.
ReplyDeleteMère de la liberté