Riposte douanière : Le MEF et l'AGD interdisent le transit par la République Dominicaine des marchandises en provenance de pays tiers
Une circulaire ministérielle pour verrouiller les frontières terrestres
Par le biais d'une circulaire conjointe émanant du Ministère de l'Économie et des Finances (MEF) et de l'Administration Générale des Douanes (AGD), l'État haïtien a formalisé une interdiction stricte : aucun produit ni marchandise en provenance de pays tiers (notamment des États-Unis, de Chine, du Panama ou d'Europe) ne peut désormais entrer sur le territoire national via les points de passage terrestres en passant par la République Dominicaine.
Cette décision stratégique survient en réaction directe aux initiatives dominicaines visant à instaurer des « ports secs » (puertos secos) le long de la ligne frontalière (décret 166-26), une structure logistique qui tendait à faire de Santo Domingo le point d'entrée et d'imposition quasi exclusif du marché haïtien.
Protéger les recettes douanières et l'activité des ports maritimes nationaux
Pour les autorités financières haïtiennes, cette interdiction répond à une double impératif de souveraineté et de fiscalité :
Reprise en main des recettes douanières : Les contrôles aux postes frontaliers terrestres étant historiquement plus vulnérables au glissement tarifaire et à la contrebande, forcer le passage des marchandises internationales par les ports maritimes haïtiens garantit une perception directe et intégrale des droits de douane par l'AGD.
Sauvegarde des infrastructures portuaires nationales : Abandonner le trafic maritime au profit des ports dominicains de Caucedo ou de Rio Haina condamnait les ports de Port-au-Prince, du Cap-Haïtien, de Lafito et de Saint-Marc à la faillite. L'exigence du débarquement direct permet de maintenir l'activité économique et les emplois liés à la chaîne logistique locale.
Les défis d'application face à la crise sécuritaire
Si la mesure est juridiquement irréprochable et économiquement fondée sur le principe de protection des intérêts nationaux, son efficacité dépendra de la capacité de l'État à sécuriser les accès maritimes et routiers haïtiens. Avec l'insécurité qui perturbe les voies d'acheminement autour des terminaux de la capitale, la douane haïtienne devra faire preuve d'une grande rigueur pour éviter le risque d'un approvisionnement parallèle informel.
Cette décision réaffirme néanmoins la volonté de Port-au-Prince de ne pas laisser la République Dominicaine dicter l'architecture commerciale de l'île.


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