« Vous agissiez sans aucune conséquence » : L’aveu des États-Unis sur l’impunité des gangs et le business de la crise permanente

 


Une déclaration officielle qui pose question

​Une récente publication officielle de l'Ambassade des États-Unis en Haïti suscite une vive vague de réactions au sein de la population et des analystes politiques. Le message, rédigé en créole, s'adresse directement aux chefs de gangs : « Chèf gang k ap simen laterè ann Ayiti yo, nou t ap aji san nou pa janm sibi okenn konsekans, alèkile jou nou yokonte. Fòs pou Konbat Gang yo (GSF) ap vin koresponn ak nou ».

​Derrière cette menace formulée à l'encontre des groupes armés, une phrase choque particulièrement la conscience nationale : l'admission explicite que ces criminels ont pu détruire le pays pendant des années « sans jamais subir aucune conséquence ».


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Pourquoi avoir laissé faire jusqu'à aujourd'hui ?

​Cette prise de position pose une question dérangeante : comment des chefs de gangs ultra-visuels, qui publient leurs exactions sur les réseaux sociaux et dont les localisations sont connues de tous, ont-ils pu bénéficier d'une telle impunité pendant si longtemps ?

​Cette tolérance historique alimente un sentiment légitime de colère. Elle suggère que les réseaux criminels ont pu jouir d'une forme de protection passive ou de neutralité bienveillante de la part des acteurs influents, jusqu'à ce que la situation devienne utile pour justifier le déploiement de nouvelles forces internationales ou privées.

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Le parallèle troublant avec les déclarations d'Erik Prince

​Cette logique rejoint les récentes déclarations du fondateur de la firme militaire privée Blackwater, Erik Prince. Interrogé par le réseau américain CNN sur l'absence de neutralisation ciblée des chefs de gangs malgré les opérations coûteuses à Kenscoff et Port-au-Prince, l'entrepreneur militaire a clairement laissé entendre que son mandat n'était pas d'éliminer les têtes dirigeantes du crime organisé.

​Si ni les forces internationales, ni les contractuels militaires privés n'ont pour objectif de neutraliser les chefs de gangs, quelle est la véritable finalité de leurs interventions ?

  1. ​La gestion de crise plutôt que la résolution : Maintenir un niveau de violence contrôlé permet de justifier la présence de contingents étrangers et la reconduction indéfinie de contrats de sécurité multimillionnaires.
  2. ​Le refus de la solution souveraine : En évitant de frapper le sommet de la pyramide criminelle, on maintient l'État haïtien dans un état de dépendance sécuritaire permanente, tout en refusant d'équiper directement les Forces Armées d'Haïti (FAd'H) pour qu'elles accomplissent cette mission.

​Exiger la fin du jeu diplomatique

​Pour le peuple haïtien, la fin de la terreur ne viendra pas de slogans de communication sur les réseaux sociaux. Si les États-Unis et la communauté internationale souhaitent réellement mettre fin à l'impunité, la priorité ne doit pas être la communication, mais le ciblage financier et tactique direct de ceux qui financent, arment et dirigent les gangs. Tout le reste ne ressemble qu'à une théâtralisation destinée à faire durer une crise dont le peuple haïtien paye le prix fort.

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